Archive for November, 2007

Les fonctionnaires brésiliens interdits de gérondif !

Friday, November 30th, 2007

Estamos fazendo, estudando, preparando, examinando : nous sommes en train de faire, d’étudier, de préparer, d’examiner… Cet emploi de la forme progressive est désormais interdit au sein de l’administration brésilienne. En effet, selon le gouverneur de Brasilia, à l’origine du décret d’interdiction (c’est sérieux), ces forumules servent à masquer l’inefficacité du service public ! Désormais il faudra donc avoir fait, avoir étudié, avoir préparé… Et que ça saute !

Merci à TV5 !

Friday, November 30th, 2007

Merci à TV5 d’avoir ajouté le blog de Freelang à sa sélection, rubrique Langue française :

Une sélection de la

Fred Chichin est mort

Thursday, November 29th, 2007

Né en 1954, Fred Chichin est mort à l’âge de 53 ans des suites d’un “cancer fulgurant”. Ceux de ma génération ont découvert les Rita Mitsuko à leurs débuts, dans les années 80. Qui ne se rappelle pas du choc de Marcia baila, sur une vidéo déjantée de Mondino ? Puis il y eut Andy, Les Histoires d’A, C’est comme ça… A l’époque la Star’Ac n’existait pas, pas plus que la “nouvelle scène française”, qui n’a d’ailleurs pas grand chose de nouveau. Quand je vois tous ces “nouveaux talents” sussurer des paroles plates en jouant du piano à deux doigts, ou essayer de se faire passer pour des rebelles sur des airs d’accordéon mille fois entendus, je me dis que les Rita faisaient partie de la sphère d’au-dessus, celle des grands, celle de ceux qui ont imprimé leur marque au lieu d’essayer d’imiter les autres et de surfer sur une vague. Les Rita Mitsuko vont nous manquer…

Petit et grassouillet, Beaumont ?!

Saturday, November 24th, 2007

A l’occasion des 10 ans du site, Maïwenn nous raconte sa rencontre avec Freelang…

Je venais de dénicher la partition d’un air letton, et je me demandais ce que signifiait le titre. Par la magie des recherches internet, j’ai franchi le seuil de Freelang. Le traducteur que j’avais contacté pour le letton m’avait affirmé qu’en fait c’était du roumain. Il n’avait pas pu traduire le titre, par contre il m’avait répondu en breton ! Dès le premier contact, j’étais donc immergée dans l’univers Freelang. Ensuite j’ai bien ri en lisant le bêtisier. Comme le site était sympa et que les langues en général m’intéressent, je m’étais inscrite à la newsletter. Signée d’un certain Beaumont. Je pensais que c’était son vrai prénom, et je trouvais ça étrange. Mais j’avais imaginé mon petit scénario : comme Beaumont venait du Vietnam (je ne sais pas bien comment j’ai passé la frontière laotienne !), il était le fils de parents très francophiles. Francophiles et originaux, pour donner ce genre de prénom à leur enfant. La newsletter était sérieuse, je pensais donc que Beaumont avait une quarantaine d’année. Et je l’imaginais petit, comme un Asiatique, et un peu grassouillet. Dans mon esprit il portait un pull-over vert foncé et avait une coupe de cheveux un peu démodée. Je suppose qu’à la même époque j’ai vu une photo d’un homme asiatique correspondant à ce portrait, et que mon cerveau a mélangé les informations. En fait, le vrai Beaumont ne correspond pas du tout à l’image que je m’en faisais. Par contre Freelang m’a ravie dès le premier contact, et 5 ans après, ça continue ! Bon anniversaire !

Freelang : les années fondatrices en 10 dates majeures

Wednesday, November 21st, 2007

Pour poursuivre l’historique de Freelang, voici un petit clin d’oeil aux 10 ans du site, avec une sélection de 10 dates majeures ayant marqué l’histoire de Freelang entre 1999 et 2002, les années fondatrices.

Février 1999
Le 21 février 1999 fut mis en place la première version de notre service d’aide à la traduction (sous une forme très rustique puisque je transmettais manuellement les demandes aux traducteurs). L’idée venait simplement du fait que les dictionnaires étaient pour la plupart très restreints, et que de toute façon même un excellent dictionnaire ne remplace pas un traducteur lorsqu’il s’agit de comprendre ou de rédiger un texte.

Juin 1999
C’est en juin 1999 que Freelang trouva son nom. Peu de temps après le nom de domaine freelang.com fut acheté et la marque déposée. Il s’ensuivit un procès intenté par le fournisseur d’accès Free, sous prétexte que les deux noms étaient proches et les activités similaires (des “services télématiques”, pour reprendre leurs termes déjà archaïques). Freelang l’emporta finalement, mais au terme d’un parcours juridique compliqué, long et coûteux. Eh oui, la liberté n’a effectivement pas de prix…

Juillet 2000
Création du “Font Center“, une page regroupant diverses polices de caractères pour l’affichage des langues.

Mai 2001
Tentative de création d’un système de correspondance linguistique, qui devait permettre de mettre en relation des apprenants afin qu’ils s’aident à progresser. Le projet a dû être abandonné car Freelang était alors géré du Laos, où Internet venait seulement de faire une apparition timide, censuré et brimé par la dictature communiste. La connexion était excessivement lente et chère, et j’ai dû renoncer à ce projet alors qu’il y avait déjà 150 inscrits. Cela reste un grand regret, d’autant que d’autres sites se sont développés par la suite en reprenant la même idée.

Juillet 2001
Ce mois de juillet marqua la fin d’un combat de deux mois, mené grâce aux auteurs des dictionnaires Freelang, afin de faire cesser l’utilisation de nos listes de mots par un site commercial dont nous avions découvert l’existence par hasard. Suite à cette affaire, Freelang va se doter d’une vraie licence de copyright, précisant les usages que l’on peut faire ou non des dictionnaires.

Août 2001
L’été 2001 aura été fructueux en mises à jour, avec la création de la partie Magazine du site et d’un tableau de classification des langues (800 langues classées par familles sur une seule page, avec une estimation du nombre de locuteurs et la zone géographique principale).

Mars 2002
Freelang accueille son centième dictionnaire, un dictionnaire maltais-français réalisé par François Alby. Nous reparlerons de François et des autres auteurs dans un prochain article.

Mai 2002
Le 3 mai 2002, nous apprenions avec une grande tristesse la disparition de Tom van der Meijden, programmeur du dictionnaire Freelang. Frits et Tom s’étaient progressivement retirés du projet entre 1998 et 2000, mais le dictionnaire était désormais orphelin.

Juin 2002
Il y avait déjà sur Freelang un forum, mais très peu actif et, il faut le reconnaître, très peu ergonomique. Le 13 juin 2002, le forum de Freelang s’est installé chez Lokanova, à l’invitation de Latinus, et le forum est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire dynamique, sympathique et diversifié, et géré en coulisse de manière quasi professionnelle.

Septembre 2002
Le 10 septembre 2002 une nouvelle version de notre service d’aide à la traduction voit le jour, entièrement en PHP, et qui permet une gestion dynamique et automatisée des demandes des utilisateurs et des inscriptions des traducteurs. C’est là aussi l’histoire d’une rencontre, avec quelqu’un qui était au départ un simple prestataire de service contacté par Internet, et qui est devenu un ami, et même le parrain de mon fiston !

L’origine de Freelang, il y a 10 ans

Friday, November 16th, 2007

Voici comme promis le récit des événements qui ont conduit à la naissance du site Freelang. Le 17 juillet 1997, un ami, avec lequel j’avais l’habitude d’échanger des bons plans et des logiciels par email, m’envoie un petit dico français-anglais en fichier attaché. Je l’ouvre, je l’installe, et je trouve le programme très pratique. En revanche je remarque que les menus et l’aide du logiciel sont rédigés dans un français plutôt approximatif. Une note invite même à contacter les auteurs si l’on souhaite les aider à corriger d’éventuelles erreurs. Le 23 juillet j’envoie un premier email en apportant quelques corrections et en proposant mon aide. Le 4 août Frits van Zanten me répond pour la première fois, un email très sympa dans lequel il se présente et explique comment lui est venu l’idée du dictionnaire. En français dans le texte :

L’idee pour faire un dictionaire etais ne l’annee dernier comme nous avions des plans de vacances en Italie, je voulais faire un cours en Italien et j’avais besoin d’un dictionnaire, sur Internet n’etais pas un logiciel gratuit en italienhollandais c’est pourquoi j’ai fait le dictionaire moi meme. J’ai ete a vacances en Italie (Toscane) c’est pourquoi ma reponse de votre email est si tard.

Il me parle ensuite Tom van der Meijden, qui a réécrit le code informatique du logiciel, et me propose de m’engager dans le projet :

Nous voulons offrir notre logiciel gratuit a le marche francais (et les pays parlant francais). Mais c’est difficile pour nous d’ajouter notre URL (avec extension NL) a les moteurs de recherche en France. C’est pourqoui nous avons un priere a vous d’uploader le Page WEB principal de la site dictionnaire a votre Homepage (pour ajouter une extension FR). (…) C’est un projet gratuit et vous pouvez choisir que vous voulez faire. Merci beaucoup a l’avant pour votre cooperation (si vous voulez).

Ces premiers échanges ont marqué le début de l’aventure. Mon objectif à l’époque était simplement de collaborer à un projet que je trouvais sympathique, tout en apprenant à faire un site web, ce que je n’avais pas encore vraiment fait (j’étais déjà sur Internet depuis 2 ans, mais le web m’intéressait peu, et je passais le plus clair de mon temps sur l’IRC, où je dialoguais en direct toute la nuit avec des Américains). Frits m’a guidé, non pas tant dans la réalisation du site en lui-même (j’utilisais FrontPage je crois à l’époque), mais plutôt pour la partie référencement. Frits était un obsédé du référencement, des compteurs et des stats, et il souhaitait attirer un maximum de visiteurs sur nos sites. Je traînais parfois un peu les pieds, car le réferencement, même à l’époque, était déjà un travail assez rébarbatif, mais le temps passant j’ai compris qu’un site gratuit ne pouvait survivre et évoluer qu’en se développant et en attirant de nouveaux visiteurs, et je suis resté éternellement reconnaissant à Frits pour ses leçons.

Le 15 novembre 1997, j’envoyais un email à Frits en lui annonçant l’ouverture du “site du dictionnaire”, avec une page d’accueil contenant un message de bienvenue et un compteur, une page de téléchargement, le dictionnaire en ligne (eh oui, présent dès le début et qui a mis tant d’années à réapparaître), une page “informations” et une page “contact”.

Suite de l’historique dans un prochain article !

Freelang a 10 ans !

Wednesday, November 14th, 2007
Eh oui, dix ans déjà que Freelang est présent sur le web. Au cours des jours et des semaines qui viennent, nous allons célébrer l’événement ! Vous saurez tout sur l’origine du projet, ses étapes principales et les orientations futures. Ce sera aussi l’occasion pour nous de remercier tous les acteurs qui ont contribué au développement de Freelang, mais aussi d’épingler à travers quelques “coups de gueule” ceux qui nous mettent parfois des batons dans les roues. Il y aura bien sûr des nouveautés et des mises à jour sur le site, et surtout une grande opération suivie d’un jeu-concours, sur laquelle nous vous donnerons plus d’informations très bientôt.

Je ne vous cache pas que je suis assez ému en repensant à ces dix ans et à tout le chemin parcouru. Freelang est né du hasard, de rencontres, et a eu une influence profonde sur ma vie quotidienne et même professionnelle. De nombreuses personnes ont contribué au projet au cours de ces années. Certains étaient là au début et sont encore là aujourd’hui, d’autres se sont impliqués pendant une certaine période puis ont vogué vers d’autres horizons. Certains sont restés dans l’anonymat, d’autres sont devenus des amis. D’autres enfin se sont même rencontrés et ont fait un bout de chemin ensemble. Merci à tous.

Dans le prochain épisode je vous raconterai la genèse du projet, le tout début de Freelang, qui ne s’appelait d’ailleurs pas Freelang mais tout bêtement “le site du Dictionnaire”.

Voilà… Bon anniversaire Freelang !

Compte rendu de l’émission de France Inter sur la disparition des langues

Monday, November 12th, 2007

Voici un petit compte rendu de l’émission “La tête au carré” de France Inter, dont nous vous avions signalé la diffusion la semaine dernière. L’émission était consacrée à la disparition des langues, avec comme invitée Colette Grinevald, linguiste et spécialiste des langues amérindiennes.

Quelques chiffres pour commencer : les linguistes estiment que sur les 6000 langues qui existent actuellement, la moitié aura disparu dans un siècle. Cela signifie que les langues disparaissent au rythme de 20 à 30 chaque année. Sur le millier de langues que compte le continent américain, 90% va disparaître. Encore un chiffre : aujourd’hui, 96% de la population mondiale parle seulement 4% des langues qui existent.

Le phénomène de la disparition des langues a toujours existé dans l’histoire des cultures, mais ce qui est nouveau aujourd’hui c’est le rythme effréné auquel les langues meurent. Les responsables sont la mondialisation, l’urbanisation et la télévision (mais il est à noter qu’Internet joue plutôt un rôle positif en permettant une plus grande diversité).

Beaucoup de langues aujourd’hui ne sont même pas décrites, et elles risquent de disparaître sans laisser de traces. Des linguistes s’emploient donc à les décrire, en travaillant avec les derniers locuteurs à l’élaboration de grammaires et de dictionnaires. Mais c’est un travail de terrain et de longue haleine.

Pour savoir si une langue est en danger ou non, il ne faut pas s’attacher uniquement au nombre de locuteurs, mais surtout à la transmission de la langue, c’est-à-dire la proportion d’enfants qui l’apprennent naturellement. Pour qu’une langue vive, il faut en effet une communauté avec une vie culturelle, des traditions, des contes, des prières…

Les écoles bilingues sont parfois à double tranchant, car elles ne transmettent pas ce patrimoine culturel, et peuvent parfois capter les enfants de manière insidieuse, pour mieux leur transmettre la langue dominante.

On s’inquiète aujourd’hui beaucoup de la disparition des espèces animales, c’est un enjeu très populaire, mais on a beaucoup plus de mal à s’inquiéter de la disparition des langues, qui emportent pourtant avec elles une partie du patrimoine humain. Lorsqu’une langue disparaît, ce sont également des connaissances, y compris scientifiques, qui sont perdues.

Il faut donc essayer de préserver cette diversité, ne pas voir peur du bilinguisme, et garder à l’esprit qu’un être humain peut très bien parler deux ou trois langues. Le multilinguisme est d’ailleurs la situation la plus répandue dans le monde. Pour le moment…

Voilà l’essentiel de ce qui a été dit. C’est plutôt pessimiste, non ? Qu’en pensez-vous ?

Emission sur France Inter

Tuesday, November 6th, 2007

Vikr sur le forum nous signale que l’émission La tête au carré de France Inter (14h aujourd’hui) sera consacrée à la disparition des langues. L’invitée est Colette Grinevald, linguiste et spécialiste des langues amérindiennes, également responsable du projet “Langues en danger” à l’université Lyon II.

Pour continuer sur notre article d’hier, le Goncourt a été attribué hier à Alabama Song de Gilles Leroy, consacré au destin tragique de Zelda Fitzgerald, l’épouse de l’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald. C’est Daniel Pennac qui a obtenu le Renaudot avec Chagrin d’école, un récit autobiographique où il se remémore ses années d’école et de “cancrerie”, dont, dit-il, on peut guérir, mais sans que les blessures infligées ne cicatrisent jamais tout à fait.

Actualité littéraire

Monday, November 5th, 2007

Dans l’actualité littéraire cette semaine, J.K. Rowling intente un énième procès, et l’ouverture de la quinzaine des prix littéraires.

L’auteur de Harry Potter s’attaque cette fois à un éditeur qui prévoit de publier une encyclopédie de référence sur le célèbre sorcier et son univers. Elle dénonce une violation des droits d’auteur, rappelle qu’elle a elle-même le projet d’écrire une telle encyclopédie, et affirme agir dans l’intérêt des associations caritatives auxquelles elle prévoit de reverser ses royalties !

Vous n’en dormiez plus la nuit, mais le suspens va bientôt prendre fin, avec l’ouverture de la quinzaine des prix littéraires de l’automne, qui commence aujourd’hui avec l’attribution du Goncourt et du Renaudot. Cinq oeuvres sont en lice pour le Goncourt, A l’abri de rien d’Olivier Adam (L’Olivier), Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel (Stock), La passion selon Juette de Clara Dupont-Monod (Grasset), Alabama song de Gilles Leroy (Mercure de France) et Le canapé rouge de Michèle Lesbre (Sabine Wespieser éditeur). Outre le Goncourt et le Renaudot, l’Interallié, le Femina et le Médicis seront également attribués. Notons égalemement que l’écrivain d’origine tchèque Milan Kundera, auteur notamment de L’insoutenable légèreté de l’être, a reçu le prix national tchèque de littérature 2007.