Le Sénat dit non aux langues régionales
Tuesday, June 24th, 2008La majorité UMP mais aussi les centristes, les communistes, les radicaux - dont l’ancien PS Michel Charasse - et quelques sénateurs PS, comme Robert Badinter ou Jean-Luc Mélenchon, ont voté la suppression. La majorité du PS, les Verts et quelques UMP ont en revanche voté contre. “Nos enfants parlent texto, il faut renforcer le français et ce n’est pas en faisant appel aux langues régionales”, a déclaré Jean-Pierre Fourcade (UMP). Patrice Gelard (UMP) s’est inquiété de “retrouver demain la franc-maçonnerie, les cathédrales, le christianisme dans le patrimoine national”. Et pourquoi pas “la potée auvergnate” comme monument historique, a ironisé Michel Charasse, refusant comme Robert Badinter que la Constitution soit “un catalogue de richesses culturelles”.
L’Académie française s’est également inquiétée de la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. S’ils ne contestent pas l’importance des langues régionales, les académiciens s’interrogent sur “cette apparition soudaine dans la Constitution”, et contestent en particulier la primauté donnée aux langues régionales, désormais inscrites dans l’article 1 de la Constitution alors que la langue française reste mentionnée dans l’article 2. “Il nous paraît que placer les langues régionales de France avant la langue de la République est un défi à la simple logique, un déni de la République, une confusion du principe constitutif de la Nation et de l’objet d’une politique”, écrivent-ils.
Selon vous, cet amendement était-il utile ? Etait-ce maladroit de vouloir le placer dès l’article 1 de la Constitution ? N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.


