Archive for May, 2009

Les tatouages dans une langue étrangère

Friday, May 29th, 2009

Les demandes de traduction pour des tatouages dans des langues étrangères sont nombreuses sur notre forum et par le biais de notre service d’aide à la traduction. Les traducteurs sont toujours assez réticents, et il est bon de rappeler que leur responsabilité ne saurait être engagée, ni celle de Freelang, en cas d’erreur. Car les erreurs sont toujours possibles ! Il suffit parfois d’une faute de frappe ou d’une erreur d’interprétation, et si vous ne prenez pas la peine de croiser plusieurs sources, vous pouvez vous retrouver avec un tatouage à corriger au stylo rouge.

Il y a ainsi des cas célèbres, comme le footballeur David Beckham qui porte le prénom de sa femme mal orthographié en sanskrit (Vihctoria avec un h en trop). Récemment c’est une starlette dénommée Hayden Panettiere qui s’est ridiculisée sur la croisette de Cannes, avec un tatouage en italien comportant une faute d’orthographe. “Vivere senza rimipianti” peut-on lire dans son dos, alors qu’il aurait fallu écrire “Vivere senza rimpianti”. Cela signifie “Vivre sans regrets”, reste à savoir si notre blonde regrette ou non son tatouage !

Parfois ce sont les phrases demandées qui sont tout simplement intraduisibles. Les gens qui n’ont aucune expérience de la traduction pensent parfois qu’il s’agit simplement de remplacer un mot par sa correspondance pour obtenir une traduction. Mais si c’était le cas, la traduction automatique ne donnerait pas les résultats approximatifs (voire même catastrophiques) que l’on connaît. Traduire ce n’est pas simplement changer de langue, c’est aussi passer d’une culture à une autre, avec d’autres référents et une autre manière de percevoir les choses. Car les langues demandées sont aussi le plus souvent “exotiques”. Quand ce n’est pas du latin (très à la mode à l’époque du Da Vinci Code), c’est du sanskrit, une langue sans doute considérée comme mystique. Ou bien c’est du thai, du chinois, n’importe quelle langue dont la graphie est certes séduisante, mais dont la grammaire et le lexique ont aussi leurs particularités. Les tatouages souhaités sont souvent des proverbes, des citations ou des “petites phrases”. Certaines de ces phrases sont un peu galvaudées, d’autres sont alambiquées, d’autres sont parfaitement incompréhensibles… mais elles sont surtout très difficiles à traduire si l’on veut respecter non pas seulement leur sens, mais aussi ce qu’elles évoquent. Cela oblige parfois à faire une longue périphrase, et la citation d’origine perd tout son impact.

Loin de nous l’idée de vous décourager. Mais si vous souhaitez vous faire faire un tatouage dans une langue étrangère, permettez-nous quelques conseils.

1. Bien choisir la langue de destination. Dans l’idéal, la langue choisie devrait avoir une réelle signification pour vous : une langue que vous étudiez, la langue d’un pays que vous aimez, la langue d’une partie de votre famille… Choisir une langue simplement pour l’esthétique de sa graphie, c’est un peu superficiel. Mais un tatouage est par essence esthétique et superficiel, donc pourquoi pas. Dans tous les cas, attention aux effets de mode attribuant un caractère soi disant mystique ou mystérieux à certaines langues, car la mode s’envolera et le tatouage restera.

2. Bien choisir le texte à traduire. Si votre choix se porte sur un proverbe ou une “petite phrase” spirituelle, écoutez bien les avis des traducteurs s’ils vous disent que la phrase n’est pas facilement traduisible ou que le sens ne sera pas fidèlement retransmis, ou que l’effet recherché ne sera pas produit. Plutôt que de vouloir absolument traduire ce genre de phrase, pourquoi ne pas faire quelques recherches et utiliser une phrase existant déjà dans la langue visée ? Un extrait d’un poème japonais, un proverbe thai ou une citation authentique tirée d’un texte en sanskrit, cela apporterait davantage de sens à votre démarche.

3. Multiplier les sources pour limiter les erreurs. Ne contactez pas un seul traducteur, ni même deux, mais un maximum. Parmi ces traducteurs, devraient figurer un locuteur natif de la langue source, et un locuteur natif de la langue cible. Ne leur demandez pas seulement une traduction, comme on demande la solution d’une équation mathématique, mais sollicitez leur avis, demandez-leur quelle est leur perception par rapport à votre projet.

Et bien entendu, tous les conseils habituels s’appliquant aux tatouages restent valables.

Bonne chance et Vivete senza rimpianti !

Syndromes étranges (petite revue de presse)

Saturday, May 2nd, 2009

Suite à une opération du cerveau, un patient britannique se serait réveillé en parlant anglais avec un accent irlandais, bien que n’ayant jamais mis les pieds en Irlande. Cette manifestation étrange aurait duré un peu moins d’une heure et provoqué la surprise de ses proches, ce que l’on peut comprendre ! Mais il s’agit en fait d’un phénomène connu par les médecins sous le nom de “syndrome de l’accent étranger” (Foreign Accent Syndrome), et qui peut intervenir suite à une opération cérébrale. Le cas d’une Norvégienne, qui avait pris un accent allemand suite à une blessure à la tête, en 1941, est resté célèbre. Plus récemment, en 2008, c’est une Américaine qui s’est mise à parler avec un accent russe. Les scientifiques et les linguistes restent cependant prudents et avancent une théorie selon laquelle les patients seraient incapables de prononcer certains sons, ce qui donnerait l’impression qu’ils parlent avec un accent étranger. Si vous voulez améliorer votre accent en anglais, n’essayez donc pas de provoquer le syndrome de l’accent étranger ! Vous risqueriez de vous retrouver avec la tête fracassée et un accent espagnol.

L’anglais précoce conduit à de meilleures connaissances du français, c’est une étude suisse qui vient de le montrer. Non seulement les enfants scolarisés en Suisse qui ont commencé par apprendre l’anglais apprennent ensuite mieux le français, mais les enfants qui parlent d’autres langues à la maison profitent de leurs connaissances dans leur compréhension orale du français. Les chercheurs en concluent qu’à côté de l’allemand et de l’anglais, la connaissance d’autres langues de migration comme l’albanais, le portugais, le serbe ou le croate est une ressource précieuse pour l’apprentissage du français.

La Thailande, ce n’est pas uniquement les plages et les gogo bars. Les expats qui y vivent doivent aussi s’intéresser aux informations politiques et économiques, par exemple en lisant la version en ligne du journal The Nation. Mais à la lecture de certains articles, des images subliminales semblent apparaître, et l’on se surprend à imaginer des demoiselles légèrement vêtues, se déhanchant lascivement en tenant d’une main un poteau métallique (sa-tan-led, pour les initiés). Est-ce un nouveau syndrome dû à un dysfonctionnement cérébral ? Eh bien non, il semble qu’il s’agisse d’un bug d’une pub pour Go, un service de Visa, qui fait apparaître “go” à chaque occurrence du verbe go, ce qui donne : the further you gogo from Bangkok… the problems will gogo away, etc. Amazing Thailand !