Bonne année :-)

January 5th, 2012

Bonne et heureuse année 2012 à tous les visiteurs du site Freelang, lecteurs de ce blog, utilisateurs de nos dictionnaires et bien entendu à tous ceux qui participent directement à la vie du site : auteurs et contributeurs des dictionnaires, traducteurs bénévoles et membres actifs du forum.

Si vous manquez d’imagination pour vos cartes ou emails de voeux, ou par simple curiositĂ©, c’est le moment de vous rappeler qu’une page du site Freelang vous propose des traductions de bonne annĂ©e dans toutes les langues. Pas exactement toutes les langues, naturellement, mais tout de mĂŞme plus d’une centaine !

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Joyeux Noël dans toutes les langues

December 15th, 2011

Lorsque nous commençons Ă  recevoir de plus en plus d’emails comme celui-ci :

Dans le crĂ©ole martiniquais, joyeux n’existe pas, donc on dit : BON NWEL.

C’est le signe que la pĂ©riode des fĂŞtes approche et que de nombreux visiteurs consultent notre page consacrĂ©e aux traductions de Joyeux NoĂ«l dans toutes les langues.

Nous n’avons pas rĂ©ellement toutes les langues, bien entendu, mais avec plus d’une centaine Ă  ce jour, la collection s’Ă©toffe d’annĂ©e en annĂ©e.

Joyeux NoĂ«l Ă  tous… ou Bon Nwel !

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Les accents régionaux

November 14th, 2011

La Franche-ComtĂ©, c’est Belfort, Besançon, le Jura, mais c’est aussi, comme le souligne avec beaucoup d’humour l’auteur de cet article, un accent particulier et des expressions rĂ©gionales venues parfois tout droit du Moyen-Age, dont l’auteur nous donne quelques exemples. L’occasion de signaler qu’il n’y a pas encore de dictionnaire franc-comtois sur Freelang, si vous ĂŞtes volontaire signalez-vous !

Et sachez-le, mĂŞme les baleines auraient des “accents rĂ©gionaux” ! Plus prĂ©cisĂ©ment, des chercheurs ont montrĂ© que la communication entre les baleines (le fameux chant des baleines), variait selon les groupes familiaux. L’Ă©tude ne prĂ©cise pas si les diffĂ©rentes familles peuvent se comprendre ou non…

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Il n’est jamais trop tard pour se mettre Ă  l’anglais

November 4th, 2011

Les Français doivent faire des progrès en anglais, c’est Jean-François CopĂ© qui le dit et qui propose d’en faire un “chantier politique” de l’UMP. Rien de très original dans cet article publiĂ© sur Slate (on part du traditionnel constat affligeant, on loue nos amis scandinaves, on propose de commencer l’apprentissage plus tĂ´t…), mais les commentaires des lecteurs relèvent le niveau et constituent une lecture intĂ©ressante.

Il faut dire que mĂŞme NapolĂ©on, ennemi jurĂ© des Anglais, aurait Ă©tĂ© d’accord. Des documents rĂ©cemment mis aux enchères ont en effet permis d’Ă©tablir que NapolĂ©on s’Ă©tait mis Ă  apprendre l’anglais avec un instructeur, lors de son sĂ©jour forcĂ© Ă  Sainte-HĂ©lène. Comme tout apprenant il lutta farouchement avec la syntaxe (on note qu’il a traduit “Qu’es qui Ă©toit arrivĂ©” par “What was it arrived”), et les documents attestent qu’il griffonnait des projets de fortifications dans la marge de ses cahiers. On se refait pas !

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De l’origine des langues

October 17th, 2011

La palĂ©ontologie nous a appris que l’homme moderne vient de l’Afrique. Aujourd’hui c’est une Ă©tude linguistique qui situe l’origine des langues en Afrique. La thĂ©orie est simple : ce sont les langues du sud de l’Afrique qui comptent la plus grande variĂ©tĂ© de phonèmes, et ce sont les langues d’AmĂ©rique du Sud et du Pacifique qui en comptent le moins. Le berceau des langues serait donc en Afrique, et les langues auraient perdu en variĂ©tĂ© au fur et Ă  mesure des migrations humaines vers d’autres continents.

Un autre article paru dans Slate s’intĂ©resse Ă  l’origine du kiswahili, une langue du sud du Kenya, Ă©levĂ©e au statut de langue officielle en Tanzanie, afin de supplanter l’anglais et de fĂ©dĂ©rer les diffĂ©rentes ethnies. Le kiswahili est aujourd’hui une langue vernaculaire parlĂ©e par près de 150 millions de personnes dans toute l’Afrique subsaharienne.

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Le cycle des langues

October 9th, 2011

Des langues naturelles qui meurent, des langues mortes qui tombent dans l’oubli, des langues artificielles qui sont créées… Le cycle des langues est dĂ©cidĂ©ment très variĂ©.

Commençons par cette langue du sud-est du Mexique, l’ayapaneco. L’ayapaneco a traversĂ© les siècles, rĂ©sistĂ© Ă  la conquĂŞte espagnole, aux guerres et Ă  la famine, mais aujourd’hui il ne reste plus que deux locuteurs, qui, comble de malheur, ne s’adressent pas la parole ! Des cours ont Ă©tĂ© organisĂ©s par l’un des deux derniers locuteurs, et un dictionnaire est en cours de rĂ©daction, mais l’avenir de cette langue est dĂ©jĂ  jouĂ©. Le site Ethnologue recense près de 300 langues et dialectes parlĂ©s au Mexique, mais nombre d’entre eux sont menacĂ©s de disparition.

Le latin, lui, est dĂ©jĂ  considĂ©rĂ© comme une langue morte, mĂŞme si son usage perdure : le latin reste la langue officielle de l’Ă©tat du Vatican, certains mouvements oeuvrent Ă  son utilisation en tant que langue contemporaine, et surtout, le latin est enseignĂ© Ă  l’Ă©cole. C’est malheureusement lĂ  que le bas blesse, car le nombre d’Ă©lèves est en baisse. 26% des Ă©lèves de cinquième commençaient l’Ă©tude du latin il y a quinze ans, mais ils ne sont plus que 21% aujourd’hui. Une Ă©rosion lente mais inexorable, comme le souligne cet article du Figaro. L’enseignement du latin souffre d’une image Ă©litiste (ce n’est pas bon par les temps qui courent) et la façon de l’enseigner, ou plus exactement la finalitĂ© de son enseignement (l’Ă©tude de textes classiques sous leur forme authentique) est discutable.

Les langues naturelles meurent mais ne naissent pas. Il arrive que deux langues n’en fassent plus qu’une, suite Ă  une volontĂ© politique, puis se diffĂ©rencient Ă  nouveau sous l’effet d’une volontĂ© politique contraire (c’est le cas du serbe et du croate), mais on ne peut pas parler de naissance d’une nouvelle langue. On peut cependant crĂ©er des langues, c’est le cas de toutes les langues construites, dites encore artificielles. On connaĂ®t l’espĂ©ranto ou l’interlingua, dont l’objectif est de faciliter la comprĂ©hension entre les hommes, mais il y a Ă©galement des langues créées pour le besoin de fictions. C’est le cas du quenya de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), du klingon de Star Trek, ou, plus rĂ©cemment, du na’vi de Avatar et du dothraki de Game of Thrones. Ces langues ont une syntaxe, un lexique et une phonologie qui leur est propre, et certains “fans” peuvent converser dans ces langues. Peut-on cependant les considĂ©rer comme des langues vivantes ? Est-ce que les langues naturelles ne sont pas de la mĂŞme manière des crĂ©ations humaines ? That is the question…

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Le Japonais dévoilé

June 24th, 2011

On vient enfin de dĂ©terminer l’origine de la langue japonaise. Selon une rĂ©cente Ă©tude gĂ©nĂ©tique, prenant en compte des dĂ©couvertes archĂ©ologiques et des Ă©tudes ADN, des migrants venant de la CorĂ©e actuelle auraient eu un impact sur la culture et les dialectes de l’Ă©poque. En effet, en recoupant une liste de 210 mots sur plus de 200 dialectes, on est parvenu Ă  dĂ©terminer des origines communes datant de plus de 2000 ans, date qui coĂŻncide avec l’arrivĂ©e des peuples de la rĂ©gion corĂ©enne.

Si cela lève un coin du voile de la culture japonaise, cela ne lui enlève en rien l’attrait croissant des Ă©trangers occidentaux et notamment français pour ce pays. On compte en effet plus de 9000 Français rĂ©sidant au Japon. La France et sa culture ont une très bonne image au sein de la sociĂ©tĂ© japonaise. Pour les Japonais, un produit estampillĂ© français est synonyme de qualitĂ©, de tradition, voire de bon goĂ»t et de sophistication. Ainsi de très nombreuses boutiques et produits se revendiquent français en s’affublant de noms Ă  l’orthographe et la grammaire plus que crĂ©atives comme “AgrĂ©abel” ou “Bistoro Vin-dange”. Avec cet engouement pour les produits et la culture française et le niveau de connaissance de notre langue, pas Ă©tonnant que de plus en plus de francophones dĂ©barquent Ă  Tokyo avec l’espoir d’y donner des cours de français.

Aujourd’hui, ce pays Ă©tant gravement touchĂ© par la crise, il est plus que recommandĂ© de pratiquer la langue nippone si on veut avoir une chance sur le marchĂ© du travail. C’est ce qu’avait tout Ă  fait compris AmĂ©lie Notomb, Ă©crivain belge, qui est nĂ©e et a vĂ©cu plusieurs annĂ©es dans ce pays. Son livre “Stupeurs et tremblements” dĂ©crit les dĂ©boires de cette jeune Belge maĂ®trisant pourtant parfaitement la langue du pays du sushi. Le roman a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma avec une interprĂ©tation brillante de Sylvie Testud, qui a mis seulement trois mois pour parler couramment. MĂŞme AmĂ©lie Notomb s’est dĂ©clarĂ© bluffĂ©e de contaster qu’en trois mois Sylvie Testud parlait mieux qu’elle ! De quoi inspirer les aspirants Ă  cette langue…

AP, pour Freelang

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L’origine des accents rĂ©gionaux

March 30th, 2011

Qu’est-ce qu’un accent ? Une respiration, une intensitĂ© particulière, une position de la langue, un rythme, un souffle, une diffĂ©rence de prononciation d’une rĂ©gion Ă  une autre par rapport Ă  un mĂŞme mot dont l’Ă©criture est identique. Les accents sont des dĂ©viations par rapport Ă  une norme, repĂ©rables Ă  certains traits phonĂ©tiques suffisamment saillants pour qu’ils puissent ĂŞtre reconnus et caractĂ©risĂ©s.

Mais un accent, c’est avant tout un signe identitaire. Un accent est donc un thème parfait pour parler de nous, d’oĂą nous venons et qui nous sommes. C’est un prĂ©texte pour Ă©voquer nos rĂ©gions, nos souvenirs et nos racines.

Un accent, c’est aussi une distinction d’ordre social, Ă©ducatif et culturel. L’accent, composant du langage, a beaucoup plus d’influence qu’on ne pourrait le penser. Le choix des mots et du message est important et celui de l’accent et de l’intonation l’est tout autant. C’est pourquoi, en politique par exemple, certains accents dominent sur d’autres. Dans le cas de la France, les accents du midi, les accents picards ou du reste de la France sont dominĂ©s par l’accent dit “neutre”, celui de la rĂ©gion parisienne, prĂ©sent dans les strates politiques. Ces Ă©lites intellectuelles dĂ©finissent la façon dont il faut parler et dont il faut Ă©crire. Les intonations sont travaillĂ©es, l’accent est neutre, une norme est mise en place.

En effet, selon une Ă©tude de Howard Giles, professeur de communication Ă  l’UniversitĂ© de Santa Barbara en Californie, un message prononcĂ© avec un accent socialement prestigieux sera jugĂ© d’une meilleure qualitĂ© que lorsqu’il est dit avec un accent socialement moins valorisĂ© (populaire par exemple).

Pourquoi existe-t-il des accents ? En France, avant la RĂ©volution, les Français parlaient diverses langues, certaines issues du latin (Occitan, Provençal…), d’autres non (Alsacien, Basque…). Après l’unification de la langue française dans tout le pays, il est restĂ© dans la façon de parler de chacun une influence de ces langues perdues, en plus de certains rĂ©gionalismes dans le vocabulaire.

L’accent est bien souvent malheureusement tout ce qui nous reste d’un hĂ©ritage liĂ© Ă  une diversitĂ© passĂ©e, non seulement linguistique, mais aussi culturelle au sens large.

D’après certaines Ă©tudes (notamment Konrad Lorenz), ce phĂ©nomène ferait Ă©galement partie d’un mĂ©canisme global par lequel nous tendons Ă  imiter les manières des gens que nous cĂ´toyons (pas seulement l’accent, mais des expressions, des attitudes etc.). On peut supposer que ce mimĂ©tisme faciliterait l’intĂ©gration des individus.
 
Pour conclure sur ce sujet en toute lĂ©gèretĂ©, je vous propose de dĂ©couvrir un magnifique poème de Miguel ZamacoĂŻs (1866-1955) intitulĂ© “L’accent”.

De l’accent! De l’accent! Mais après tout en-ai-je?
Pourquoi cette faveur? Pourquoi ce privilège?
Et si je vous disais Ă  mon tour, gens du Nord,
Que c’est vous qui pour nous semblez l’avoir très fort
Que nous disons de vous, du RhĂ´ne Ă  la Gironde,
“Ces gens lĂ  n’ont pas le parler de tout le monde!”
(…)
Ceux qui n’ont pas d’accent, je ne puis que les plaindre!
Emporter de chez soi les accents familiers,
C’est emporter un peu sa terre Ă  ses souliers,
Emporter son accent d’Auvergne ou de Bretagne,
C’est emporter un peu sa lande ou sa montagne!
(…)
Avoir l’accent enfin, c’est, chaque fois qu’on cause,
Parler de son pays en parlant d’autre chose!…

Vous pouvez lire l’intĂ©gralitĂ© du poème ou voir Fernandel le rĂ©citer dans cet enregistrement datant de 1951.

Delphine, pour Freelang

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La richesse de la langue arabe

March 21st, 2011

L’arabe est une langue Ă©tonnante qui a suscitĂ© mon intĂ©rĂŞt et mon envie d’en apprendre davantage. Je profite de ce blog pour vous faire partager, dans ce bref rĂ©sumĂ©, ce que j’ai dĂ©couvert de la langue. Et en attendant d’approfondir davantage mes recherches, peut ĂŞtre quelqu’un pourra-t-il m’aiguiller et m’apporter de nouvelles connaissances.

L’arabe est une langue savante, compliquĂ©e et très riche.

La langue arabe s’Ă©crit au moyen de 28 lettres. Cet alphabet est un abjad : terme dĂ©crivant un système d’Ă©criture ne notant que les consonnes de la langue. Ces consonnes peuvent devenir des voyelles au moyen de trois signes suscrits, souscrits ou postcrits.

Les grammairiens arabes prĂ©tendent que toutes les racines de leur langue, au nombre de 6 000, ont Ă©tĂ© primitivement des verbes. Les mots composĂ©s de ces racines se complètent, soit au moyen de lettres, soit par le redoublement des radicales, ou encore par le changement des voyelles. C’est ainsi qu’une mĂŞme racine peut donner des verbes, des substantifs, des adjectifs, des adverbes, enfin des dĂ©rivĂ©s de toute sorte. Il est donc nĂ©cessaire, au prĂ©alable, de connaitre ces 6 000 racines pour nous faciliter l’apprentissage et la comprĂ©hension de nouveaux mots.

Les verbes quant Ă  eux forment 17 conjugaisons ! Chaque conjugaison a sa nuance ou signification propre ; par exemple, les conjugaisons 9 et 11 servent pour les couleurs et les difformitĂ©s, la dixième exprime le dĂ©sir de faire une action. Chaque conjugaison a sa propre fonction. Vous comprenez mieux la richesse de la langue ? Mais ce n’est pas tout ! L’arabe dispose Ă©galement d’une richesse de vocabulaire et de figures rhĂ©toriques inimaginables. Il y aurait ainsi 80 termes diffĂ©rents pour reprĂ©senter le miel, 200 pour le serpent, 500 pour le lion, 1000 pour le chameau, autant pour l’Ă©pĂ©e, et jusqu’Ă  4000 pour rendre l’idĂ©e de malheur. De la mĂŞme manière, l’arabe dispose de 100 mots et expressions pour cerner al houbb : l’amour, ses diffĂ©rents Ă©tats, ses nombreux tourments, etc. Cette richesse sĂ©mantique tĂ©moigne du raffinement de la civilisation et de la littĂ©rature arabo-islamique. Il existe une multitude de nuances d’idĂ©es, chacune traduite par un terme spĂ©cifique.

La lĂ©gende raconte qu’un grand poète et linguiste aveugle du XIe siècle a un jour heurtĂ© au souk un des princes Ă  la cour. Or les pauvres ne sont pas censĂ©s se frotter Ă  la noblesse ! Le prince traite alors le poète de “chien ignorant”. Abul-Ala le pauvre poète rĂ©pliqua aussitĂ´t : “Le chien parmi nous est celui qui ne connait pas les soixante-dix noms pour dĂ©signer le chien !”
Bien sĂ»r, le prince et la plupart des linguistes de la cour ne pouvaient pas se remĂ©morer autant de noms. Aussi, plus tard, au XIIe et XIIIe siècles, lorsque la prĂ©servation de la langue est devenue une obsession, ces soixante-dix noms ont Ă©tĂ© inscrits. Ils ne signifient pas tout Ă  fait le mot “chien”, ils dĂ©crivent plutĂ´t les conditions d’un chien, par exemple un chien enragĂ© se nomme diffĂ©remment qu’un chien paisible. Ce qui est vrai du chien l’est aussi pour la plupart des autres animaux… imaginez donc le nombre de mots. Ainsi de nos jours, par exemple, les sept plus cĂ©lèbres noms du lion sont enseignĂ©s aux enfants dans les Ă©coles partout dans le monde arabe : “Laith”, “Sab”, “El-Assad”, “Qaswara”, “Ghadanfar”, “Dirgham”, et “Oussama”.

Bon courage Ă  tous ceux qui apprennent ou veulent apprendre cette belle et subtile langue qu’est l’arabe !

Delphine, pour Freelang

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Sauvons les langues régionales

February 28th, 2011

Personne ne peut démentir la vitalité des langues régionales en France. Les langues régionales ont une tradition, une syntaxe, une longue histoire. Elles sont au cœur de notre identité et font partie du patrimoine de la nation, et nous devons faire subsister cette richesse.

Les  diffĂ©rentes langues sont engagĂ©es dans un processus de rĂ©gression au profit de la langue officielle, et sont menacĂ©es de disparition. En effet, il est devenu quasiment rituel d’observer que les langues rĂ©gionales ont une base de locuteurs principalement âgĂ©e. Les mĂŞmes locuteurs vont disparaĂ®tre sans qu’un remplacement significatif, suffisant se produise : la transmission dans la famille, au bourg, au village, n’est donc plus assurĂ©e. L’École ne produit pas non plus ce que l’on attendrait d’elle. La scolarisation est en panne et ne donne pas de rĂ©sultats suffisants Ă  l’Ă©chelle du problème global de la survie de ces langues.

Depuis dĂ©but 2009, la Constitution française fait figurer les langues rĂ©gionales comme patrimoine commun de la “nation” : c’est un acte majeur au regard de l’histoire de notre pays. Mais cette reconnaissance restera symbolique, tant qu’il n’y aura pas une loi pour confirmer la volontĂ© de la RĂ©publique de promouvoir sa diversitĂ© linguistique !

A ce jour le gouvernement s’est refusĂ© Ă  proposer un texte, arguant du fait que les collectivitĂ©s territoriales auraient largement la possibilitĂ© de mettre en place des politiques de soutien aux langues dans le cadre de la rĂ©glementation actuelle. Pour la première fois depuis des siècles, l’avenir des langues dĂ©pend donc essentiellement de mesures collectives. C’est ainsi en tout cas que l’on peut interprĂ©ter la volontĂ© du Parlement. Celui-ci a en effet estimĂ© que les langues rĂ©gionales appartenaient au patrimoine de la France – ce qui crĂ©e une obligation pour l’Etat de s’en prĂ©occuper – mais en prenant soin de placer cet article au sein du titre XII de la Constitution, qui concerne les collectivitĂ©s territoriales.

Certes, les collectivitĂ©s peuvent entreprendre un certain nombre d’actions. Cela fut le cas pour le magazine occitan “Punt de Vista”, diffusĂ© sur France 3 Aquitaine, qui a vu le jour uniquement parce qu’il a Ă©tĂ© et est financĂ© par le conseil rĂ©gional d’Aquitaine. Mais au-delĂ  des collectivitĂ©s, les langues dites rĂ©gionales ont besoin d’une reconnaissance par la loi. Il faut une lĂ©gislation prĂ©cise, pour donner aux rĂ©gions les moyens lĂ©gaux et financiers de prendre en charge la promotion et le dĂ©veloppement des langues rĂ©gionales. Mais qui osera remettre ce thème au programme ? Devrons-nous attendre 2012 ?

Enfin, alors qu’une nouvelle loi sur la redevance audiovisuelle a vu le jour en 2009, nous suggĂ©rons que la question des mĂ©dias soit rĂ©-abordĂ©e de façon plus ciblĂ©e, en proposant, pourquoi pas, qu’une partie de la redevance audiovisuelle soit accordĂ©e aux rĂ©gions afin qu’elles puissent mettre en place, pour chaque langue, un service de radio et de tĂ©lĂ©vision publique, comme cela se fait dans de nombreuses rĂ©gions de l’Union EuropĂ©enne. Plus largement, les cahiers des charges des radios et des chaĂ®nes audiovisuelles publiques devraient comprendre la diffusion, mais aussi la production d’Ă©missions en langue rĂ©gionale. Les mĂ©dias devraient en effet ĂŞtre un support davantage utilisĂ© pour promouvoir la diversitĂ© culturelle.

Loin d’ĂŞtre anachroniques, les langues rĂ©gionales sont un facteur d’insertion et de cohĂ©sion sociale ; or elles sont victimes d’un ostracisme. Si nous laissons faire, qu’adviendra-t-il de la langue française dans quelques annĂ©es, en Europe et dans le monde ?

Delphine, pour Freelang

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